Bonjour ami Rolyste (la blague du singulier me fait toujours marrer),
Toi qui est venu aujourd'hui, mu par un vieux réflexe incompréhensible, lire ce salmigondi rose et vert jamais mis à jour, oui toi la pauvre âme réduit à de telles extrémités pour satisfaire tes instincts morbides, aujourd'hui ta quête désespérée n'aura pas été vaine, hélas.
Aujourd'hui, le blog des rolystes a décidé de lui aussi proposer une solution à la crise. Tout d'abord parce que à ce qu'il parait ça se fait, mais aussi et surtout parce qu'il faut bien meubler les introductions. LA solution des rolystes face à la crise ? Devenir riche. Ben ouais parsque même si tu perd du pognon tu t'en fous t'en a plein.
Oui, mais plus facile à dire qu'à faire. Voila pourquoi aujourd'hui nous vous proposons un manuel pour écrire un Best Steller, afin que vous puissiez vous en mettre plein les poches. "Mais pas si bête" ferez vous remarqué pour peu que vous aimiez citer Brigitte Lahaie, "j'avais lu le titre du Post" (là c'est plus une citation, de toute façon la crédibilité de la dite actrice affirmant qu'elle a lu quelque chose serait relativement faible).
Bah, vous êtes des petits malins, quand même !
Revenons à nos moutons. Pour écrire un livre qui va vous rapporter gros, il n'existe pas une, mais des recettes. Bien sur, libre à vous de piocher dans votre préferée. Par soucis d'exhaustivité, nous allons vous les présenter avec leurs avantages et inconvénients
1/ LA METHODE TOLKIEN :
le principe est simple. Depuis le jeune âge de 16 ans, notez tout ce qui vous passe par la tête (en rapport avec le livre quand même) sur un carnet que vous avez toujours avec vous. Adonnez vous régulièrement à cette activité (au moins une heure par jour). Meublez le reste de votre temps avec un métier en rapport avec la littérature ou vous passerez un maximum de temps à lire des livres pour vous inspirer. Soyez minutieux, tatillon et ajoutez plein de détail dont on s'en branle (des langues, un herbier, la phase de lunes, une chronologie détaillée sur 12346 ans, le nom des différentes espèces de phasmes...). Le must étant bien sur de ne PAS mentionner les détails en question dans le livre.
Avantages : Votre oeuvre colossale aura une grosse communauté de Fans qui pourrons vous défendre fanatiquement en citant des passages obscurs que personne ne connait "je te signale que dans la réédition des chroniques annexes, une note de bas de page de la mythologie connnexe mentionne une lettre écrite par Gadafulf l'anthracite qui cite une source des elfes de la fin du crépuscule du 8 ème âge (avant l'exode) qui contrevient à ton argument" imparable
Inconvénients : Il va falloir passer votre vie à écrire... en terme d'investissement de temps et de travail c'est catastrophique
2/ LA METHODE ROWLING :
Rassurez vous mes amis, point n'est besoin de vous fatiguer à appliquer la méthode Tolkien. Amis du moindre effort, cette méthode est là pour vous. Elle se base uniquement sur le marketing (qui est une force trop ancienne et trop puissante pour qu'on puisse y faire quelque chose). Première étape : trouver un concept vaguement original (n'hésitez pas à pomper... à mon souvenir je lisais Amandine Malabule à l'école des sorciers quand j'étais petit... elle avait des cours de balais ou elle était trés douée et un prof de potion pas sympa...mais je suis mauvaise langue c'est surement une coincidence : http://www.livres-online.com/Amandine-Malabul-sorciere.html) et un personnage où les petits garçons intellos qui lisent puissent se retrouver facilement. D'ailleurs n'hésitez pas à mettre un personnage féminin intello lui aussi et coupé des autres mais qui au fond à bon cœur. Seconde étape : la plus importante : la promotion. La formalité de la première étape accomplie, à vous de jouer : multipliez les forums de livre jeunesse (oui, écrivez pour les enfants, vous serez moins attaqué sur le style), les apparitions médiatiques, ne lésinez pas sur le bouche à oreille, et n'ayez pas peur des effets d'annonce : Promis juré j'écris que 7 tomes après je me retire au Tibet, le premier qui lit mon tome en avance je le marrave (mais vous laissez filtrer des informations : genre quelqu'un d'important va mourir). Puis laissez faire l'effet Buzz. N'ayez pas peur des incohérences au sein de votre bouquin, de toute façon c'est pour les gosses alors...
Avantages : Nul besoin d'être bon écrivain
Inconvénients : Il faut se dépenser un max pour lancer l'effet Buzz
3/ LA METHODE BIBLIQUE
En vérité mes amis, je le sais bien, et je vous le dis et répète me faisant écho des éons passés et de Dieu dans son infini sagesse : si vous êtes allergiques aux phrases pompeuses, cette méthode n'est pas faite pour vous. Elle a néanmoins fait ses preuves puisque la Bible reste le livre le plus vendu de tous les temps. Une bonne opération rondement menée. Son succès est basé sur des tournures de phrases obscures, répétitives et lénifiantes (un peu comme le générique des bisousnours quand j'y pense). Ces phrases en nombre faramineux, sans liens logiques entre elles, et arbitrairement découpées en livres, paragraphes, testaments, versets et prophètes rendent sa lecture quasiment aussi ardue que lire Lacan en verlan (Lacan qui a d'ailleurs opté pour cette méthode). Conclusion : sa lecture peut durer une vie, vu que tout ça n'est fondé sur aucun fait mais seulement sur des affirmations arbitraires, on peut y trouver ce qu'on veut, et quelque soit la période de sa vie ou on se plonge dedans, on peut y projeter ses doutes et angoisses personnelles
Avantages : la plus rentable sur le court et le long terme
Inconvénients : Il vaut mieux avoir une bonne réputation, de préférence basée sur la foi pour ne pas être contredit (religions, sectes ou psychanalyse donc)
4/ LA METHODE STEPHEN KING
Je résumerai cette méthode en une phrase simple : crache sur tes lecteurs, ils aiment ça. Si vous êtes un gros adepte du cliffhanger (la fin abrupte ou le lecteur reste sur sa faim) et que vous n'hésitez pas à laisser vos fans mariner pendant 10 ans avant de faire une suite, cette méthode est faite pour vous. Le principe est donc de miser sur l'énervement du lecteur. Pour cela, détaillez avec précision ce que précisément un auteur normal n'aurait pas oser aborder : les tortures, traitements inhumain, le glauque, le gore, le crasseux, l'inceste.. Tout ce qui peut choquer. Tout cela nécessite néanmoins de maintenir un suspense assez fort pour que le lecteur continue sa lecture. Pas de panique, il y a un truc. Prenez un ou des héros charismatique et qui attirent la sympathie des lecteurs. Faite tout pour qu'on les apprécie. Puis lâchez vous.
Avantages : Filon quasi inepuisable et renouvelable dans pleins de registres. Une grosse communauté de Fans
Inconvénients : à trop jouer sur leurs nerfs, méfiez vous de vos lecteurs. Attaque de votre domicile et prise en otage de votre famille en perspective
5/ LA METHODE BERNARD HENRI LEVY / BERNARD WERBER (tients, que des bernards... à croire que quelqu'un est derriere tout ça)
Pour vous attaquer à la méthode BHL, vérifiez tout d'abord si le prérequis suivant est rempli : vous ne devez avoir aucun sens moral. Ce dernier point n'est pas crucial dans la variante werber, on le verra par la suite. C'est bon ? Ok continuons. Tout d'abord, le look. très important pour cette méthode. Le look doit être sérieux et faire un peu "prof de philo mais dynamique".Maintenant, le discours. Le but est de prendre quelques principes philosophique simples et larges, de les simplifier et de faire des rapprochement évidents, le tout sans argumentation. Dans le cas BHL, préférez des sujets d'actualités ou vous mettrez en avant votre condition d'intellectuel. attention, vous écrivez dans ce cas pour des gens se prétendant eux aussi intellectuels. Utilisez des tournures pompeuses et n'hésitez pas à engager des nègres pour faire le boulot. Dans le cas Werber, intéresserez vous aux sujets concernant la condition humaine. La, visez le profond, le remuant. Utilisez quelques expériences de psychologie et de sociologie bien percutantes pour pimenter le tout. Dès que vous êtes en rade, inventez. Après tout, vous écrivez de la fiction...
Avantages : les lecteurs adorent se sentir intelligents. Une fois qu'il auront lu un livre, ils n'hésiterons plus a vous citer, ce qui devrais inciter leur entourage à vous lire aussi
Inconvenients : Les vrais intellectuels vont vous descendre en flamme. Mais après tout, qui s'interresse encore à l'avis de ces imbéciles pompeux et inutiles dans notre société moderne, qui n'ont même pas le bon sens de se faire médiatiser.
6/ LA METHODE LOVECRAFT
Un des pré requis de cette méthode est qu'il vaut mieux être fou pour la pratiquer. Une vie bien glauque et étrange complet ici aux fans et aux critiques qui pourront alors sortir des phrases aussi inspirées que : "Cet auteur va puiser ses angoisses dans son insondable détresse et les projette inconsciemment sur son œuvre". En fait rien à voir mais bon, ça fait vendre. Une fois votre vie mise en scène vous allez pouvoir profiter de deux gros avantages concernant le style. Premièrement, le nom des méchant. Foin de bob la crapouille, vous n'utiliserez que des noms imprononçables et particulièrement longs et alambiqués. Par exemple : L'abominable dieu des puissances extérieures, Shaggoth la putrescente créature qui hurle dans les marais ou on capte même pas la TNT. La supériorité du style lovecraftien est évidente : 112 caractères pour écrire le nom du méchant (sans compter les espaces) contre 15 dans un style classique. Le gros avantage est que votre livre va se remplir tout seul ! Si vous ne citez ne serais ce que 30 fois le méchant, vous en êtes déjà à 3360 caractères. Et en plus, c'est multiplicatif puisque vous n'êtes pas obligé de vous cantonner au grand méchant. Vous allez pouvoir sortir de majestueuses phrases telles que "L'incommensurablement puissant grand prêtre Yazulof l'hideux et perfide dirigeant du Culte des horreurs sans fins rampantes dans l'ombre des citées sous marines abandonnées oubliées de tous invoqua son maitre, L'abominable dieu des puissances extérieures, Shaggoth la putrescente créature qui hurle dans les marais ou on capte même pas la TNT qui lâcha sur la terre les immondes et vermillons visqueux vers de yoth stellaires et imputrescibles suceurs de sangs." Tout ça pour dire : Yazulof invoque Saggoth qui fait attaque "vers". Votre deuxième arme est tout aussi puissante : l'ellipse. Dès que vous n'avez plus d'idée, faite une ellipse en prétextant que la suite est trop horrible pour être racontée, ou encore que le personnage perd connaissance ou qu'il devient amnésique. Plus de syndrome de la page blanche, pour vous, juste une série d'habiles ellipses narratives
Avantages : Deux puissants effets de style qui vous facilitent grandement la vie
Inconvénients : Il faut avoir une vie sombre et tourmentée (ou le faire croire) qui sera votre caution artistique
7/ LA METHODE PRATCHETT
La méthode Pratchett, c'est un peu la méthode Tolkien en plus mieux. Certes vous concevez un univers complet. Certes vous allez faire un panthéon, des alphabets etc... Mais votre idée de base, c'est l'humour et la dérision. Votre crédo, c'est la parodie. Donc, nul besoin de précision Tolkinienne, nul besoin de cohérence au sein de votre oeuvre. Vous pouvez à loisir inventer, vous contredire, vous recontredire et le tout en profitant des avantages d'un univers précréé qui vous permet en toute tranquillité de décliner 30 et quelques tomes sans vous emmerder ! Le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière.
Avantages : ben je viens de les donner
Inconvenients : Toun va s'en prendre à vous pour avoir osé dire du mal de Pratchett. Il ne sera satisfait que lorsqu'il vous (enfin surtout moi) aura expliqué en face à face pourquoi c'est même pas vrai point par point avant de vous citer de tête pleins de détails de l'oeuvre de Pratchett comme preuve à l'appui. Puis il vous achèvera avec une dizaine d'anecdote sur la vie dudit Pratchett qu'il est trop sympa. Bref, à mon avis, le jeu n'en vaut pas la chandelle, évitez cette méthode.
Et voila, vous êtes paré. Il ne vous reste plus qu'à vous mettre à l'ouvrage. Dans mon immense objectivité, je n'ai évidemment cité que les auteurs que j'avais envie de titillé, évitant de m'en prendre à mes idoles Farmer, Gaiman, ou Leblanc. Libre à vous de vous en charger ou encore de poster en commentaire d'autres méthodes toutes plus mieux les unes que les autres.
__________ LA PETITE ANECDOTE QUI A RIEN A VOIR______________________________
Il y a de cela quelques semaines, je me rendais au boulot en voiture. Peu avant d'arriver à Marseille (oui, je bosse à Marseille, bien déduit watson), l'autoroute est soudain limité à 90. Oui, c'est surement le seul endroit en france ou un autoroute à 3 voies est limité à 90 2km avant la ville, mais bon. Bref, l'endroit étant truffé de radars, et n'ayant pas envie ce jour là de donner des sous à l'état, je ralentissais donc quand je fus gêné dans ma manœuvre par une voiture qui ne devait même pas rouler à 70. "Diantre !" m'exclamais je avant de prendre la décision (fort habile) de la doubler. A peine étais je arrivé tout pépère à hauteur de la voiture, que le conducteur me jetais un regard plein de haine par dessus ses lunettes de soleil crânement installées autour de son cou (il pleuvait). Ledit conducteur débraye, passe probablement en quatrième, fait hurler son moteur et me dépasse en trombe. 100 m plus loin, il se fait flasher. Moralité de l'histoire : On connait maintenant le prix de l'orgueil mal placé : 90 euros et un point en moins sur le permis
Clément
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2 commentaires:
GG, bonne analyse, à quelques détails près que j'ai pas retenu et la flemme de chercher, et puis surtout pour dire que toutes façons t'as tort.
clair
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